À Banyuls-sur-Mer, la coopérative viticole GICB traverse une crise majeure
- Le Petit Port-Vendrais

- 11 janv.
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Dernière mise à jour : il y a 7 jours
Banyuls-sur-Mer, le 11 janvier 2026 —
La situation financière du Groupement Interproducteurs Collioure & Banyuls (GICB) suscite une vive inquiétude sur la Côte Vermeille. Acteur central du vignoble de Banyuls-Collioure, la coopérative fait aujourd’hui face à des difficultés économiques profondes qui pourraient entraîner un changement radical de son organisation.

Une dette devenue incompatible avec l’activité
Depuis plusieurs années, le GICB évoluait sous un dispositif de sauvegarde destiné à lui permettre de rééquilibrer ses finances. Mais malgré ces mesures, la structure n’est pas parvenue à enrayer l’aggravation de sa situation. L’endettement global atteint désormais environ 21 millions d’euros, un niveau jugé trop élevé au regard des capacités actuelles de la coopérative.
Cette fragilité financière s’explique notamment par une forte baisse des volumes de production, avec une récolte 2025 estimée autour de 9 000 hectolitres, bien en deçà des niveaux historiques. Cette contraction de l’activité a mécaniquement pesé sur les recettes, sans permettre de réduire suffisamment les charges fixes.
Une cessation de paiements constatée
Face à cette impasse, la direction du GICB a reconnu que la coopérative se trouve en état de cessation de paiements, c’est-à-dire dans l’incapacité de faire face à ses échéances financières avec sa trésorerie disponible. Cette situation marque une étape critique dans la vie de la structure.
Dans ce contexte, une demande de placement en redressement judiciaire devrait être examinée dans les prochains jours, après consultation des instances dirigeantes. Cette procédure viserait à encadrer juridiquement la situation et à explorer les solutions possibles pour la poursuite de l’activité.
Le modèle coopératif remis en cause
Au-delà des chiffres, c’est l’avenir même du modèle coopératif qui est désormais interrogé. La direction estime que la coopérative, dans sa forme actuelle, ne peut plus fonctionner durablement. La piste d’une reprise des actifs — outils de production, marques et circuits commerciaux — est évoquée, mais en dehors du cadre coopératif traditionnel.
Une telle évolution représenterait un tournant historique pour le vignoble de Banyuls-Collioure, où la coopération viticole joue un rôle structurant depuis des décennies.
Inquiétudes locales et avenir incertain
Le GICB demeure un employeur important et un débouché essentiel pour de nombreux vignerons du territoire. L’annonce de ces difficultés a provoqué une forte inquiétude parmi les adhérents, les salariés et les acteurs économiques locaux, conscients des conséquences qu’une restructuration profonde pourrait entraîner.
À ce stade, aucune décision judiciaire définitive n’a encore été rendue. Les semaines à venir seront décisives pour déterminer si une solution de continuité peut être trouvée, ou si le paysage viticole local devra s’adapter à une nouvelle réalité.
Dans un territoire où le vin est à la fois une activité économique, une identité et un patrimoine, l’avenir du GICB dépasse largement le cadre d’une simple procédure financière.







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